Mercredi 4 novembre 2009
En ce début d’automne, le dernier livre de Pietro de Paoli vient de sortir dans les bonnes librairies… Bien qu’il ne figure sur aucune liste des prix littéraires, Dans la peau d’un évêque s’affirme comme un très bon livre où l’auteur, comme à son habitude, croque, d’une manière tout à fait originale et subtile, la situation de l’Eglise. Les inconditionnels de 38 ans, célibataire et curé de campagne, auront la joie de retrouver Marc, le curé de Villeneuve comme héros de ce nouveau récit… Le voilà devenu évêque, lui qui avait tant décrié les évêques en général et le sien en particulier. Après s’être essayé à l’art du roman, du journal et du dialogue, Pietro de Paoli ne nous invite à rien de moins que d’entrer dans la peau de Monseigneur Marc Belhomme, 53 ans, évêque d’un diocèse rural en France. Au fil des pages, nous sommes entraînés par un récit stimulant à la première personne à vivre comme lui.

Dans ce nouveau livre, Pietro montre une nouvelle fois comme un fin connaisseur de l’Eglise et un écrivain de talent. Il convoque son héros au défis de deux crise : l’une existentielle, l’autre ecclésiale. Et ces deux épisodes permettent à l’auteur de montrer l’évêque sous ses multiples aspects. Quand la chair est ébranlée, la nature se révèle et Marc devra se dépouiller du superflu pour revenir à l’essentiel de sa vie. Quand c’est l’Eglise qui est secouée, il devra faire face avec toute son humanité pour tenir son rôle de pasteur.

On pourra reprocher beaucoup de chose au portrait épiscopal qui se dégage du récit. Certains trouveront qu’il est trop partiel, voir partial... Mais le propos du livre était-il de donner un traité sur le ministère de l’évêque ? Je ne le pense pas. Le livre nous livre les pensées et les actes d’un ministre incarné qui vibre et qui souffre, qui respire et qui aime. Je retiendrais cette idée comme une ligne de force qui parcourt l’ouvrage. L’évêque apparaît souvent aux yeux des chrétiens comme « le grand chef » de la tribu, celui qui a le pouvoir, qui gouverne... peut-être reste-t-il encore quelques bribes d’une image d’un prince de l’Eglise. Pour les prêtres, il apparaît comme le « patron », celui qui prend des décisions (souvent mauvaise) mais en qui est remis le pouvoir de nous sortir des crises. Même si pour certains il reste le « père » du diocèse, il est très loin dans son évêché. Marc Belhomme n’échappe pas à la solitude des prêtres… mais il éprouve en plus l’isolement de l’évêque et nous le découvrons dans la profondeur d’une humanité qui se dit dans toutes les dimensions de son existence.

Bibliographie de Pietro di Paoli
Par Sylvain Brison - Publié dans : Lectures, cinéma...
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Jeudi 1 octobre 2009
Hier, en allant chez Ikéa, j'ai machinalement tourné le tuner de la radio pour écouter France-Info... A force d'avoir le nez dans les livres de théologie, on est vite coupé du mode... Au delà des sempiternelles informations sur les affaires courantes, j'ai été vivement interpelé par une "brève" de la rubrique santé... Alors, je ne pousse pas souvent de “coup de gueule” sur ces sujets-là, car ils sont trop sérieux pour ne constituer que des billets d'humeur mails là, trop c'est trop.

Je savais que les lobbies autour de la régulation des naissance étaient puissants. Et même si j'ai souvent du mal avec les mouvements pro-life, je trouve insupportable ce reportage de Sophie Parmentier pour France Info. Pendant 1 minute et 57 longues secondes, on nous vend a "pilule du surlendemain" comme des voitures ou des piles alcalines.

La mise sur le marché de la pilule EllaOne, surnommée vulgairement la "pilule du surlendemain" , sucite, selon la radio, un grand enthousiasme de tous les spécialistes et une réelle avancée pour jes jeunes femmes de notre temps. Rendez-vous compte, elle est efficace jusqu'à 5 jours dans 95 % des des cas !

Et ni la journaliste, ni la secrétaire générale du planing familiale (Mme Maire-Pierre Martinet), ni le président du syndicat  national des gynécologues (Dr Marc-Alain Rozan), ne tarissent déloges et de mots amphatiques pour annoncer au monde que la rédemption de la femme est arrivée.

Par-delà le sujet grave que ce reportage soulève et que nous connaissons bien (éducation à la vie et à la sexualité, contraception, avortement, accueil de la vie etc.), le traitement de l'information me scandalise tout autant. Lorsque Mme Martinet évoque, trop facilement à mon sens, les "accidents de contraceptions à réparer", on aurait l'impression que le problème n'est pas plus grave qu'une fuite d'huile à sa voiture qu'il faut dépanner au risque de devoir en changer sous peu. Bon je conçois que je pousse peut-être le bouchon un peu loin... Mais, franchement, quand on vous assène à longueur de pharses que le produit est efficace plus longtemps, on se demanderait presque si ce n'est pas une pub de mauvais goût pour des piles qui elles, durent vraiment plus longtemps...

Et je passe sur la mise en page internet douteuse de l'article qui reprend de manière dévoyé le sigle rappelant aux femmes enceintes qu'elles ne doivent pas boire d'alcool... Incidemment, ne glisserait-on pas sur les sens des mots et des images vers des significations toutes autres ? Attention donc mesdames, si vous voyez le dit logo, ne comprenez pas qu'il ne faut pas être enceinte ! Plus grave encore, le fait de ne parler (volontairement ?) que de contraception. Je ne suis pas un expert mais, si la pilule empêche la grossesse jusqu'à cinq jours et que l'œuf a été fécondé, nous sommes dans le domaine de la contragestion, ce qui n'est plus du tout la même chose.... Mensonge ou glissement de sens périlleux ?

Reste encore à digérer les points négatifs mis en avant par les interviewés: le non-remboursement par la sécurité sociale (et puis quoi encore ?) ou le fait qu'il faille une ordonnance pour se voir délivrer la précieuse pilule... Et oui, n'en déplaisent aux "bien-pensants", elle ne sera pas (pour le moment) délivrée dans les écoles... Peut-être qu'ainsi, on pourra au moins ouvrir un minimum de discussion avec un médecin.

Prenons garde à la manière dont nous communiquons et recevons les informations... notre esprit critique qui authentifie dans une certaine mesure notre liberté, pourrait, si nous n'y prenons pas garde, s'endormir et ne plus se réveiller.
Par Sylvain Brison
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Lundi 14 septembre 2009
C'est une traditions dans l'Eglise. Que dis-je une tradition, bien plus une obligation... Pour annoncer une fête ou un évènement important de la communauté, le saristain a la lourde tâche de sonner les cloches pour inviter les fidèles à se rassembler...

Quoi de plus naturel donc, d'entendre des cloches sonner sur la blogsphère pour annoncer la naissance lundi prochain d'un nouveau blog collectif sur les questions où l'Eglise est concernée (ouf ca va en faire des sujets).
Une très belle initiative de trois blogueurs invétérés qui ont recruté une petite équipe de collaborateur qui vous mitonnera des billets aux petits oignons.... après la messe c'est toujouts agréable.

Donc rendez-vous dès à présent sur www.sacristains.fr
Et n'hésitez pas à débattre et partager dans les commentaires
Par Sylvain Brison
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Vendredi 14 août 2009
Méditation pour la fête de l'Assomption


Au jour où l’on dédia à Jérusalem l’une des toutes premières églises en l’honneur de Marie (vers le Ve siècle), l’Eglise célèbre la Mère de Dieu en son Assomption. Bien que cette fête fut toujours célébrée tant en Orient (dans le mystère de la dormition de la Vierge Marie) qu’en Occident, il fallut attendre le vingtième siècle pour que le pape Pie XII, en 1950, proclame le dogme selon lequel, « au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu, a été enlevée en corps et en âme à la gloire du ciel ».

 

En contemplant la sainteté de Marie et en imitant sa charité, l’Eglise porte au monde l’espérance de l’assomption de toute l’humanité. Marie est l’image et les prémices de l’Eglise qui doit connaître son achèvement dans le Royaume de Dieu. Cette fête est donc une grande joie pour tout le Peuple de Dieu qui, en célébrant Marie toute illuminée du mystère du Salut, accueille en ce monde la première réalisation du Royaume à venir.

 

Marie dans la lumière du Verbe Incarné

 

Marie ne serait pas Marie sans le Christ. A une époque où le retour du sentiment religieux marque de manière si importante nos sociétés modernes, cette affirmation mérite d’être rappelée. Nous ne saurions rien de cette jeune fille de Galilée si elle n’avait pas acquiescée à la volonté du Père en devenant la mère de Jésus, Dieu parmi nous.  Le mystère de la féminité a de grandes affinités avec le sacré. Aussi n’est-ce pas sans certains risques que nous parlons de cette vierge mère. In medio stat virtus disait saint Thomas d’Aquin. Pour ne point trop en dire, la meilleure façon de parler de Marie est de se mettre, à son exemple, humblement à l’écoute de la Parole de Dieu et de la contempler dans l’illumination du mystère du Verbe incarné. Car rien ne saurait séparer de la gloire de son Fils, celle qui  « a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).

 

Comme nous le rappelle l’apôtre Paul, nous n’avons qu’un seul médiateur auprès de Dieu, un seul rédempteur par qui nous sommes sauvés : Jésus le Christ. « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Co 15,20). Tout le mystère de la vie de Marie, toute la grâce dont elle est comblée et dont témoigne le salut de l’ange Gabriel, vient de l’accomplissement de la promesse du Salut opéré dans le Christ. Ainsi, ce que nous célébrons dans la fête de l’assomption (Marie n’a pas connu la corruption du tombeau) est comme le reflet du soleil sur la lune : une autre manière de contempler la grâce de la résurrection du Fils unique. Glorifiée dans le Ciel, Marie l’est de l’unique gloire du Fils, à qui, selon la volonté du Père et par l’action de l’Esprit Saint, elle a donné un corps pour qu’il soit notre Sauveur. C’est donc dans la grande joie de la résurrection du Christ et dans l’espérance de notre propre résurrection que nous célébrons la Vierge Marie en sa glorieuse assomption. Au cœur de l’été, alors que nous avons, pour la plupart, changé de rythme de vie, nous sommes conduits par la liturgie et la prière de l’Eglise à nous recentrer sur le cœur de la foi. C’est dans cette dynamique pascale que nous sommes situés dans notre relation personnelle avec la Vierge Marie.

 

Aurore de l’Eglise à venir

 

Au moment de passer de ce monde à son Père, le Seigneur Jésus a confié ses frères à l’amour de sa mère : « Femme voici ton Fils » (Jn 19,26). Dès lors, la maternité de Marie s’exerce pour toute l’humanité, d’abord selon l’ordre de l’amour, ensuite selon l’ordre de la grâce. En effet, Marie participe à l’œuvre du Salut en concevant le Christ par la puissance de l’Esprit, en le mettant au monde, en le présentant au Père dans le Temple, en souffrant avec lui au pied de la croix, en se réjouissant avec les apôtres au matin de Pâques et en priant avec eux au cénacle. La plus grande qualité de Marie est simplement d’être là. De se tenir disponible à l’œuvre de Dieu, d’aimer, de compatir, de veiller avec ceux qui sont avec elle auprès du Christ. Elle nous invite ainsi, en la prenant pour modèle, à inscrire nos personnes dans l’accomplissement de la promesse dont nous sommes dépositaire depuis Adam, Noé et Abraham. Dans cet ordre de la foi, Marie est la figure de l’Eglise qui devient mère en recevant la Parole de Dieu et en engendrant ses fils par la prédication de l’Evangile et dans le bain de la nouvelle naissance.  Chacun de nous, membre de l’Eglise, trouve en Marie le désir de pouvoir se tenir présent dans sa vie à l’aujourd’hui de Dieu. C’est sur ce chemin que nous devenons toujours plus l’Eglise appelée à être présence du Christ et sacrement du Salut dans notre monde.

 

Marie, en se tenant sous la croix de son Fils est celle qui peut nous aider à élever nos regards vers lui. Ainsi l’Eglise, elle aussi, est-elle appelée à manifester le Christ et à le faire naître dans le cœur des hommes. En cherchant à ressembler au Fils de Dieu par l’amour, elle progresse dans la foi, l’espérance et la charité. En recherchant la volonté de Dieu, en y obéissant, l’Eglise tend à ressembler de plus en plus à la figure de Marie en qui, elle voit, dans l’espérance, son accomplissement dans la gloire du Ciel.


Espérance du peuple en marche

 

Marie, exaltée par la grâce au-dessous de son Fils et au-dessus des anges, est pour chacun d’entre nous l’espérance de notre propre vie auprès de Dieu. En effet, si nous mourrons tous, nous sommes tous appelés à vivre dans l’éternité dans l’amour de la Trinité. Ce que sera cette vie après la mort, nous ne pouvons pleinement la décrire. Nous n’en avons qu’une idée fugace dans la propre résurrection du Christ. Oui, nous ressusciterons corps et âmes. Nous aimons peut-être trop nous complaire dans des images faciles. Combien de fois, lors de la disparition d’un proche ou d’un ami, nous disons-nous (nous convainquons-nous ?) que son âme part vivre pour toujours auprès de Dieu ?  Nous en finirions par croire peu à peu que seules nos âmes sont promises à la vie divine. Mais non ! C’est bien avec nos corps que nous sommes appelés à aimer sur cette terre, et c’est avec eux que nous aimerons dans le Royaume de Dieu. L’Assomption de la Vierge Marie nous rappelle ce grand mystère. Au cours de notre pèlerinage sur la terre, nous pouvons déjà contempler en Marie la réalisation de la promesse accomplie par le Christ. Marie est donc bien, dans la gloire de son Fils, l’espérance du peuple en marche vers le Père.

 

La beauté de cette fête nous rappelle, à temps et contretemps, le mystère de notre Salut et Marie ne cesse de tourner nos regards vers son Fils. Elle réside dans la simplicité de la personnalité de Marie et dans la beauté de son exemple. Cette beauté qui nous saisie en ce jour nous rappelle encore une fois qu’elle mène à Dieu.  Comme l’écrit si bien Christian Bobin : « La beauté  vient de l’amour comme le jour vient du soleil, comme le soleil vient de Dieu, comme Dieu vient d’une femme épuisée par ses couches »[1]. Puisse Marie, la mère de Dieu et notre Mère, nous aider à porter l’espérance de notre propre assomption auprès de Dieu à tous nos frères les hommes.

 



[1] Christian Bobin, Le Très-Bas, Gallimard, Paris, 1992, p. 23.

Par Sylvain Brison
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Mercredi 10 juin 2009
Tout chrétien est appelé à rendre compte de l'espérance qui l'habite et le fait vivre. La rencontre du Christ en nos vies nous pousse à entrer toujours plus, pas après pas, dans le mystère de Dieu et de l'homme. Faire de la théologie n'est pas qu'une affaire de clercs, de prêtres ou de religieux. Tous nous avons à prendre part à cette intelligence de la foi que nous avons reçue et que nous sommes chargés d'annoncer au monde... En cette fin d'année scolaire et universitaire, au delà de l'été qui s'annonce, peut-etre que certains d'entre vous se posent la question de commencer des études de théologie à un niveau universitaire ? Celà est tout à fait possible, et beaucoup de propositions existent. Je voudrais vous en présenter deux de grandes valeur: une à Paris et l'autre dans le diocèse de Nice.

Vous pourrez, dans les deux cas, vous inscrire soit en tant qu'étudiant régulier (et valider les cours pour l'obtention des diplômes de théologie) soit comme auditeur libre (et ne suivre que les cours qui vous interesses).


Faculté de théologie de l'institut Catholique de Paris
Cours en journée (cylce A) ou en soirée (cycle C)
 
 



 
 

Faire de la théologie à un niveau universiatire dans le diocèse de Nice. Les cours ont lieu un week-end par mois, et le programe est cyclé sur 5 ans.

Pour plus de renseignement, vous pouvez aussi consulter le site du dicoèse de Nice


Par Sylvain Brison
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Lundi 8 juin 2009
Voici une très belle initiative dans la prolongaton du synode de l'Eglise des Alpes-Maritimes, l'ouverture d'un site entièrement consacré à la pastorale des jeunes du diocèse de Nice: www.jeuneseneglise06.com

Je vous laisse le découvir... Il est encore dans sa phase de construction mais les concepteurs ont tenu à vous faire participer à son élaboration. Visitez-le, et laisser un commentaire avec vos suggestions, vos avis, vos recommandations...
Ce site est fait pour vous, n'hésitez donc pas à vous exprimer sur le fond et la forme...

Et n'oubliez pas: les jeunes ne sont pas l'Eglise de demain. Ils sont l'Eglise aujourd'hui !!! Ils sont memebres de lEglise et participents déjà à l'avènement du Royaume des Cieux. C'est ensemble, chrétiens de tous ages que nous devenons ce que nous sommes dans la communion: le Corps du Christ.

Bonne route ! et Bon vent dans le souffle de l'Esprit.

PS/ vous povez aussi rejoindre le groupe facebook consacré à ce nouveau site.
Par Sylvain Brison
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Jeudi 28 mai 2009
Le Veni Sancte Spiritus est l'hypne de Pentecôte. Puissions-nous en ces jours saints accueillir la grâce toujours nouvelle de l'Esprit et avancer confiant sur les chemins du Royaume.



Veni, Sancte Spiritus,
et emitte caelitus
lucis tuae radium.

Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Veni, pater pauperum,
veni, dator munerum
veni, lumen cordium.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos coeurs.

Consolator optime,
dulcis hospes animae,
dulce refrigerium.


Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.
In labore requies,
in aestu temperies
in fletu solatium.


Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.

O lux beatissima,
reple cordis intima
tuorum fidelium.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le coeur de tous tes fidèles.

Sine tuo numine,
nihil est in homine,
nihil est innoxium.

Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lava quod est sordidum,
riga quod est aridum,
sana quod est saucium.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Flecte quod est rigidum,
fove quod est frigidum,
rege quod est devium.


Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

Da tuis fidelibus,
in te confidentibus,
sacrum septenarium.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.
Da virtutis meritum,
da salutis exitum,
da perenne gaudium,
Amen, Alleluia.
Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.
Amen, Alleluia.
Par Sylvain Brison
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Jeudi 21 mai 2009
Très peu de mots suffisent parfois à toucher le coeur du mystère. Ce matin en concélébrant la fête de l'ascension, j'ai fait l'intime expérience de la réelle beauté et de l'extrême justesse de la prière liturgique. A tel point que je ne trouve pas mieux que de vous partager ces beaux texte qui nous accompagennt dans notre marche vers Pentecôte. Très belle fête à tous.


1ère préface de l'Ascension

          Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
               de t'offrir notre action de grâce toujous et en tout lieu
               à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout puissant.
          Car le Seigneur Jésus,
               vainqueur du péché et de la mort,
               est aujourd'hui ce Roi de gloire
               devant qui s'émerveillent les anges:
           il s'élève au plus haut de cieux,
                pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs,
                seul médiateur entre Dieu et les hommes;
           il ne s'évade pas de notre condition humaine:
           mais en entrant le premier dans le Royaume,
               il donne aux membres de son corps
               l'espérance de le rejoindre un jour.

           C'est pourquoi le peuple des baptisés,
                rayonnant de la joie pascale,
                exulte par tout la terre,
           tandis que les anges dans le ciel,
                chantent sans fin l'hymne de ta gloire.

Bénédiction solennelle

Que le Seigneur tout-puissant vou bénisse:
il élève aujourd'hui son Fils dans la gliure et vous ouvre ainsi le chemin du ciel.
Amen.

Après sa résurrection d'entre les morts, Jésus s'est manifesté tout proche de ses disciples:
qu'il ait pour vous un visage de paix quand il viendra juger le monde.
Amen.

Vous savez qu'il s'est assis à la droite du Père;
mais cherchez-le, trouvez-le aussi près de vous,
jusqu'à la fin comme il l'a promis
Amen.

Et que Dieu tout-puisant...
Par Sylvain Brison
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Samedi 11 avril 2009

Pour l’amour du monde…
ou vivre en ressuscité

 

Nous sommes des enfants de cette Terre. Voilà la certitude absolue qui s’ancre profondément dans notre existence. Le monde dans lequel nous vivons est le nôtre. Cette phrase peut sembler lourde d’une écrasante banalité mais elle est décisive pour celui qui ose vivre dans sa vie quotidienne l’étonnante nouveauté du mystère pascal. Car il y va de la Vérité de l’Evangile. En ces temps pour le moins troublés, il n’est pas évident de discerner les signes visibles de la présence du Ressuscité. Les crises se superposent ou se liguent inexorablement dans des connivences surprenantes. De la crise financière, à la crise écologique, en passant par la crise des valeurs, de la foi et de la religion, jusqu’à considérer les crises ecclésiales qui ne manquent pas de secouer l’Eglise du Christ, nous en serions réduits à considérer dramatiquement un certain abandon du monde par Dieu. Mais comment considérer, avec les yeux de la foi, que celui qui n’a pas refusé de vivre notre vie, et qui n’a pas fui devant la mort puisse, à ce point se retirer de nos existences ? A n’en pas douter, si nous avions encore la folle utopie de nous en extraire, notre monde se charge de nous rappeler, à temps et à contretemps, cette exigence fondamentale de l’espérance chrétienne. Il est illusoire de se bercer de douces convictions qui nous cacheraient une certaine âpreté, pour ne pas dire amertume, face à la condition de notre vie présente. « Je ne suis plus dans le monde ; eux ils sont dans le monde, et moi je viens vers toi » (Jn 17, 11). Vivre dans le monde qui est le nôtre n’est pas évident. « Je leur ai donné ta parole et le monde et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jn 17, 14). Il est encore parfois encore moins évident de l’aimer tel que le Christ l’a aimé. « [Père,] comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyé dans le monde » (Jn 17, 18) Et c’est pourtant de cet amour que nous sommes appelés à naître et à vivre. La résurrection du Christ, est autant un défi d’espérance qu’une réalité de la foi. Elle entraine le croyant, parfois malgré-lui, dans le combat spirituel, dans la tension incompressible de la vie dans le monde. Vivre du mystère pascal c’est aimer le monde dans lequel nous vivons. L’aimer en le changeant, le convertir en l’aimant.

La vie donnée, la vie reçue


Vivre de la vie du Ressuscité implique quelque part une nécessaire mort à soi-même pour entrer dans la vie qui nous est promise : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Nos combats spirituels, dont Artur Rimbaud nous rappelle qu’ils sont aussi brutaux que les batailles d’hommes [1], nous introduisent dans cette Pâque décisive. Et puisque ces luttes spirituelles ne se cantonnent pas au pré tranquille de nos idées mais envahissent sauvagement tous les champs de notre vie, nous pouvons avoir l’impression d’être abandonné. Un peu comme si, selon l’étonnante perspective de Jean-Pierre de Caussade, Dieu nous abandonnait au temps présent [2]. Mais cet abandon à la fois apparent et quelque part nécessaire, souligne gravement qu’il nous faudra, tôt ou tard, apprendre à recevoir notre vie. Dans ces moments-là, où nous ne pouvons plus entrevoir de vie possible, nous devons prier de recevoir le don d'une vie que nous ne pouvons absolument pas imaginer, une vie qui ne peut venir que comme un don de Dieu. « Sur la croix, Jésus n'attend pas de vie imaginable, mais l'inconcevable et abondante vie que le Père lui donnera. Dans ces moments-là nous ne pouvons faire notre vie. Elle doit nous être donnée » [3]. Vivre comme un ressuscité c’est, au delà de la traversée des apparences, vivre de la vie que seul Dieu peut accorder, pur don de son amour et de son salut. Du haut de la Croix naît la jeune espérance qui ne cesse de grandir au milieu de nous. Dans ce lieu tragique qui ne laisse survivre aucun espoir, l’espérance est le seul compagnon du Sauveur. C’est dans cette perspective, et uniquement dans celle-ci, que nous pouvons vivre cet « abandon au monde présent » comme la grâce divine de cette joyeuse disponibilité à l’Esprit. Ainsi, la rencontre du frère en ce monde peut se révéler comme sacrement de l’éternité de Dieu.

Le défi de l’Espérance

Voilà bien un des défis de notre temps : la rencontre en vérité de nos frères en humanité. A l’époque de la mondialisation, du village planétaire, ils n’ont jamais été aussi proches et, paradoxalement, aussi loin de nous. A tel point qu’il semble bien qu’il n’y ait qu’une chose à faire : la fuite en avant… il n’est pas besoin d’en donner des exemples : le monde court si vite que nous n’avons jamais le temps de reprendre souffle ou de nous arrêter. Mais l’irruption de la Résurrection dans notre « aujourd’hui » nous entraine dans une autre relation. L’espérance se découvre d’une part comme don de Dieu dans la foi, et, d’autre part, comme anticipation de la vie du monde à venir par delà la souffrance et la mort. Sa force vient de la promesse faite à l’humanité à travers les figures d’Adam, d’Abraham, d’Israël, de Moïse… et accomplie pour toujours en Jésus Christ. Elle ne se confond pas avec un optimisme démesuré qui viendrait du monde. L’optimisme cherche à trouver appui sur des faits de la vie quotidienne pour se convaincre que demain sera meilleur… beaucoup de chrétiens (et de prêtres !) sombrent alors dans la désillusion lorsque les difficultés arrivent. L’espérance chrétienne nous invite à nous dessaisir, à quitter nos habitudes, à recevoir notre vie d’un Autre. L’espérance de notre Salut, réalisée en Jésus-Christ doit imprégner notre vie au point de convertir notre regard et de changer, par nos mains le monde qui nous entoure : bien plus de le transfigurer. Nous annonçons le Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ! Comment le vivre au quotidien ? La question est abrupte mais doit être posée. Cette mission de l’espérance ne se réalise que dans la relation interpersonnelle. Tout en étant incroyablement universelle, la Résurrection du Christ nous touche chacun intimement,  personnellement [4]
. L’Evangile parle au cœur. Et les récits des apparitions ne sont, en définitive que des rencontres personnelles au cœur de la vie des femmes et des hommes qui en sont saisis : Marie-Madeleine, Pierre, Jean, Thomas, le disciple que Jésus aimait, Paul, Cléophas… et la liste serait longue ! Il ne tient qu’à nous de vouloir, par la grâce de Dieu, y inscrire notre nom, en aimant nos frères et notre monde. Entendons-nous bien, il ne s’agit plus – si tant est que ce fut un jour le cas – d’aimer d’un amour si englobant qu’il ne touche en réalité personne, mais d’aimer concrètement des hommes et des femmes particuliers en guettant avec eux la lumière du Jour qui vient.

Entrez dans la communion lumineuse


Voici la nouvelle alliance en mon sang.
De la Pâque du Christ naît le Peuple de l’alliance. Dieu sauve les hommes et ne veut en perdre aucun. L’Eglise est le peuple des hommes rassemblés dans la pâle lumière du matin de la Résurrection. Christian de Chergé n’avait plus qu’un lancinant désir : plonger son regard dans les yeux du Père pour voir l’humanité entière toute illuminée de la gloire du Christ. Ce brûlant désir ne saurait être étranger au disciple de Pâque qui entraperçoit subtilement la mesure infinie de son propre Salut. Celui qui a éprouvé dans sa vie la douloureuse souffrance de son propre péché et la douceur du pardon accordé gratuitement ne peut plus poser un regard cynique ou désespérer, ni sur le monde, ni sur ses frères. L’Esprit du Ressuscité l’envoie vers le monde et dans le monde pour y vivre de la vraie vie. Tous les actes d’amour qui relèvent et révèlent la dignité de notre humanité, les plus petites parcelles de joies répandues dans la boue et la cendre de nos faiblesses, le courage de la Parole proclamée dans nos surdités, sont les sacrements de la Pâque éternelle du Fils. La Résurrection de Jésus nous situe dans une nouvelle relation au monde qui aspire de toutes ses forces à la réalisation en son sein du Royaume des Cieux. La communion dans laquelle nous avons été établie nous tourne radicalement vers cette belle réalité : Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas mais obtiendra la vie éternelle.

La vie du Ressuscité avec le Ressuscité


La vie vaut vraiment la peine d’être vécue. Et plus encore quand nous la recevons de celui qui nous à aimer jusqu’à nous donner son Fils. Entrer dans l’espérance de la Résurrection, c’est déjà vivre par une mystérieuse anticipation ce que nous serons appelé à être. C’est actualiser ici et maintenant le Royaume des Cieux. Se mettre au service du prochain par amour pour lui. Se saisir du monde pour l’aimer et non le rejeter. Pour y annoncer l’extraordinaire nouvelle de la Vie de Dieu en Jésus Christ. Avant de vivre sa Pâques, Jésus disait à ses disciples: « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Il n’a pas dit, à la manière d’un romantique : « aimer, c’est être prêt à donner sa vie pour celui qu’on aime ». L’amour ne se satisfait pas d’une capacité à « être prêt », il exige le don total. La joie de Pâques vient de ce don de l’amour. Sommes-nous prêts à aimer en nous donnant ? Voilà le chemin du Ressuscité, celui d’Emmaüs où il marche à nos côtés, avec nous, en se donnant encore et toujours dans la Rencontre, dans la Parole et dans le Pain. Ne détestons pas le monde dans lequel nous vivons, mais aimons-le comme le Christ nous a aimé : enfants de cette Terre nous seront alors, tous ensemble et pour l’éternité, les enfants du Royaume promis.

 

 

P. Sylvain BRISON



[1] Arthur Rimbaut, « Adieux » dans Une saison en enfer.

[2] Cf. Robert Scholtus, Faut-il lâcher prise ? Splendeurs et misères de l’abandon spirituel, coll. « Christus », Bayard, Paris, 2008, p. 89.

[3] Timothy Radcliffe, « La promesse de Vie », dans Je vous appelle amis, Cerf, Paris, 2000.

[4] Personnellement et non individuellement !

Par Sylvain Brison - Publié dans : C'est tout moi...
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Dimanche 5 avril 2009


Depuis le mois de septembre dernier, je participe "joyeusement" à l'emission Génération sur Radio Notre Dame. Le principe de l'emission est simple: autour d'un sujet de foi, de vie quotidienne, d'actualité: une équipe dynamique et un prêtre (dynamique lui aussi, enfin il essaye) pilotés par Marco. L'emission s'adresse en priorité aux jeunes de 15 à 30 ans, d'où le rythme un peu enlevé.

Mais je vous parlerai de l'emission une autre fois... L'occasion de ce court billet est de vous dire que nous avons enreistré Marco et moi des méditations pour la semaine sainte qui seront diffusées à la place de l'emission du mardi au vendredi saint.

Vous pouvez les écouter:

          - Soit en direct de 21h à 22h sur Radio Notre Dame (107.7 FM) si vous êtes en région parisienne.

          - En direct sur Internet à l'adresse suivante: http://www.radionotredame.net/ (cliquez sur le haut-parleur vert)

          - En podcast à télécharger normalement à l'adresse suivante: http://radionotredame.net/podcast/generation.xml



Voici le programme des diffusions (de 21h à 22h):

          - Mardi  7 avril : Prologue et L'entrée à Jérusalem

          - Mercredi 8 avril: Le lavement des pieds et la sainte Cène

          - Jeudi 9 avril : Le baiser de Judas et le jugement de Jésus

          - Vendredi 10 avril: La mort de Jésus en croix et l'Anastasis



Retrouvez les tableaux d'Arcabas et les textes de Frabrice Hadjadj qui ont inspiré ces échanges dans:
Arcabas, Passion et Résurrection, Editions du Cerf., Paris.

Par Sylvain Brison
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Je suis prêtre catholique du diocèse de Nice. Je poursuis actuellement des études supérieures à l'Institut Catholique de Paris. Je viens de finir le Séminaire des Carmes. J'exerce mon minitère à la Paroisse Saint-Pierre de Montrouge (Paris XIV) et à Menton pendant les vacances scolaires.
Ce blog à plus de trois ans... Il vous permettra de mieux me connaître et peut-être de discuter et d'échanger...
Il n'a aucune visée apologétique ou prosélyte... Il veut être un lieu d'expression et de partage de ma joie d'être prêtre. Vous y trouverez des nouvelles, des photos, mes coups de coeur (livre, cinéma, BD, expos...), mes réflexions sur divers sujets... n'hésitez pas à laisser un commentaire.


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