Vendredi 6 février 2009


«
D'avoir béni tant de sépulture a donné au prêtre que je suis un certain entregent dans le commerce avec les morts des autres. Vous me permettrez aujourd'hui de m'occuper un peu des miens. longtemps j'ai gardé en souffrance ces lettres qui leur sont destinées. Il serait plus exacte de dire que ce sont elles qui ont gardé pieusement ma souffrance, ce point de douleur si intime, si précieux, dont je ne veux pas me débarrasser, ce
point de côté
qui me vient d'un onflexible refus de consolation. »




C'est par ces lignes que Robert Scholtus introduit son dernier livre, Lettres à mes morts (Bayard, 2009). Celui qui fut pendant trois ans mon supérieur de séminaire se livre ici dans une oeuvre hors du commun. Sortant des sentiers battus de la réflexion sur l'Eglise ou le monde, il se promène dans les souvenirs de ceux qui l'ont quitté. Comme il se plaît à le dire, lui qui ne fréquente guère les cimetières qui ne parlent que de disparition, a voulu aujourd'hui venir piocher ses morts, aerer la terre sous laquelle ils reposent, fleurir le jardin de leur mémoire. C'est ainsi, qu'au fil de ces six lettres, des visages se peignent, des figures se dressent, des personnes revivent en nous livrant un poignant et touchant  témoignage indirect sur l'auteur. Toujours pudique, préservant toujours le mystère de ces existences qui ne nous appartiennent pas, Robert Scholtus se révèle ici comme un écrivain de talent, un prêtre de coeur et un être d'une humanité profonde. Poignant à vous toucher le coeur lorsqu'il s'adresse à sa jeune soeur qui aura toujours vingt ans, humble et attachant quand il adresse à son père les paroles qu'il ne lui a jamais dites, le supérieur du séminaire des Carmes apparaît aussi quelque peu insolent et taquineur lorsqu'il s'adresse, en profonde hummanité au Fils qu'il n'aura jamais...

J'ai littéralement dévoré ce petit trésor en quelques heures hier après-midi... Ce peu de temps passé m'a ouvert (ou réouvert) à une dimension humaine et spirituelle qui me porte encore ce matin, et qui ne m'a pas quitté un seul instant. Oui le livre touche au coeur mais ne se complaît pas dans la tristesse, les pleurs, le voyeurisme et le désespoir. Il ne participe pas des "travaux forcés du deuil" mais de la folle espérance du petit matin de Pâques. Sans doute, il y aurait beaucoup à dire, et encore plus à méditer. Je vous partagerai pour finir ces mots lumineux qui ont su trouver en moi l'écho puissant d'une réalité si évidente qu'elle se dit difficilement :

« Les experts de la chose écrite me diront que tout cela est bien trop intime, trop personnel, trop subjectif pour interresser qui que ce soit. Ils préfèreraient voir "mes" morts disparaître dans l'idée de mort. Mais la mort justement n'existe pas. N'existent que les morts singuliers, uniques, irremplaçables. Sinon, quel sens y aurait-il à croire en la résurrection, sauf à la réduire à l'idée de vie ? La mort, à proprement parler, ne s'expérimente qu'à la deuxième personne, elle ne se montre qu'en faisant événement dans la mort d'un proche, quand c'est l'inconsolable qui pleure l'irremplaçable, selon la belle formule de Jankélévitch. » (p. 8-9)

Bref, un livre à lire et relire dans la beauté de la lumière d'un certain matin, celui de dimanche où, ce jour-là, nous ne les appelerons plus nos morts ! A dimanche !



Du même auteur
:

  - Petit Christianisme d'Insolence, Bayard, 2004
  - Petit Christianisme de Tradition, Bayard, 2006
  - Faut-il lacher prise ? Grandeur et misère de l'abandon spirituel, Bayard, 2008
  - Lettre à mes morts, Bayard, 2009

Dans le même style

  - Yves Duteil, Les choses qu'on ne dit pas, Ed. Archipel, 2006

Par Sylvain Brison - Publié dans : Lectures, cinéma...
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Jeudi 5 février 2009

Après plusieurs jours (et les demandes insistantes répétées, en particulier d'Angela Merkel), le Vatican, par le biai de sa plus haute instance institutionnelle (La Secrétairie d'Etat) somme Richard Williamson de "prendre ses distances de manière absolument sans équivoque et publique vis-à-vis de ses positions relatives à la Shoah". Au delà de l'aspect polémique des propos scandaleux de Richard Williamson, cette note de la Secrétairie d'Etat apporte un triple éclairage.

Premièrement, elle montre qu'on ne peut-être membre de l'Eglise du Christ et tenir des propos négationistes ou révisionistes. Ensuite, elle revient clairement sur la situation induite par la levée des excommunications. Le statut canonique, proche d'un "no man's land" juridique, est caractérisée: les membres de la FSSPX, et ses évêques en particulier, n'exercent licitement aucun ministère dans l'Eglise (et ne peuvent donc, ni célébrer les sacrements, ni les distriuber, ni exercer une fonction pastorale vis à vis des fidèles catholiques. Cf la fin du point I). Enfin, le retrour à la pleine communion dans l'Eglise ne pourra se faire que par une "pleine reconnaissance" du Concile Vatican II, mais aussi du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et Benoît XVI (Cf. point II).

Pour nue analyse plus "politique" des implications de cette note tant attendue, je vous invite à lire l'article sur le site de La Croix. Vous pouvez retrouver les textes officiels et les réactions des évêques de France sur le site de la Conférence épiscopale.

Pour finir, beaucoup m'ont demandé des références bibliographiques pour approfondir la question. Je suis en train de constituer une bibliographie facile d'accès. Je la publierai sur ce blog dans un prochain billet.



Le 4 février 2009, la Secrétairerie d'Etat du Vatican a publié une note suite aux réactions provoquées par le décret de la Congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009. Nous en proposons une traduction non officielle.

 

Note de la Secrétairie d'Etat


Suite aux réactions provoquées par le récent décret de la Congrégation pour les évêques, levant l'excommunication de 4 prélats de la Fraternité Saint-Pie X, et en lien avec les déclarations négationnistes ou réductionnistes sur la Shoah faites par Mgr Williamson, de cette même Fraternité, il a été jugé opportun de clarifier certains aspects de cette affaire.

 

1. Levée de l'excommunication

Comme cela a déjà été publié auparavant, le décret de la Congrégation pour les évêques, daté du 21 janvier 2009, a été un acte par lequel le Saint-Père répondait simplement à des demandes répétées faites par le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.

Sa Sainteté a voulu lever un obstacle empêchant l'ouverture du dialogue. Elle attend désormais que les 4 évêques expriment la même disponibilité, en pleine adhésion à la doctrine et à la discipline de l'Eglise.

La peine très grave d'excommunication Latae sententiae, que les évêques en question ont encourue le 30 juin 1988, et qui a été ensuite formellement déclarée le 1er juillet de la même année, était la conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre.

La levée de l'excommunication a libéré les 4 évêques d'une peine canonique extrêmement grave mais n'a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l'heure actuelle, ne bénéficie d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique. Ajoutons que, les 4 évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas de fonction canonique dans l'Eglise et n'y exercent pas licitement de ministère.

2. Tradition, doctrine et Concile Vatican II

La pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI est la condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X.

Comme cela a déjà été affirmé dans le décret du 21 janvier 2009, le Saint-Siège ne manquera pas d'approfondir les questions encore en suspens avec les intéressés, de la manière qu'il jugera opportune, de manière à pouvoir parvenir à une solution complète et satisfaisante aux problèmes qui ont été à l'origine de cette douloureuse fracture.

3. Déclarations sur la Shoah

Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inacceptables et fermement réfutées par le Saint-Père, comme ce dernier l'a lui-même affirmé le 28 janvier dernier lorsque, faisant référence à cet épouvantable génocide, il a réaffirmé sa pleine et indiscutable solidarité avec nos Frères destinataires de la Première Alliance, et a affirmé que la mémoire de ce terrible génocide devait conduire 'l'humanité à réfléchir sur la puissance imprévisible du mal lorsqu'il conquiert le cœur de l'homme', ajoutant que la Shoah demeure 'pour tous un avertissement contre l'oubli, contre la négation ou le réductionnisme, car la violence faite contre un seul être humain est une violence contre tous'.

Pour être admis à des fonctions épiscopales dans l'Eglise, Mgr Williamson devra aussi prendre ses distances de manière absolument sans équivoque et publique vis-à-vis de ses positions relatives à la Shoah, lesquelles positions n'étaient pas connues du Saint-Père au moment de la levée de l'excommunication.

Le Saint-Père demande que la prière de tous les fidèles l'accompagne pour que le Seigneur éclaire le chemin de l'Eglise. Puisse l'engagement des pasteurs et de tous les fidèles s'accroître pour soutenir la mission délicate et lourde du successeur de l'Apôtre Pierre en tant que 'gardien de l'unité' dans l'Eglise 

Par Sylvain Brison
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 2 février 2009
Suite et fin ?. Même s'il ne reste plus grand chose à dire (puisque tout semble avoir été dit par les média), j'ai décidé de vous reproduire ci-dessous la lettre ouverte de Mgr Simon, archevêque de Clermont qui mène une réflexion très interressante. Comme je n'avais pas voulu jusqu'à présent aborder la scandaleuse attitude de Mgr Williamson et ses propos négationistes pour ne pas les confondre avec le geste du pape (et j'avais raison semble-t-il), ce texte permettra peut-être d'éclairer le débat d'une lumière nouvelle.

J'en profite aussi pour vous redonner quelques liens vers ce blog et vers d'autres site:
      - Ma première réaction et mon interprétation de l'évènement
      - La réflexion de Julien Dupont, séminariste de Poitiers
      - Le reportage de France 3, hier (1/2/09), dans ma paroisse parisienne
      - Le communiqué officiel des évêques de France
      - Les explications du pape Benoît XVI (Texte - article - video)



 

 

Samedi 24 janvier 2009, la Congrégation pour les évêques a publié un Décret levant l’excommunication prononcée en 1988 contre les quatre évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. De nombreux commentaires se sont focalisés sur cette publication et les circonstances qui l’ont entourée.

Face au déchaînement médiatique auquel on a assisté, Mgr Hippolyte SIMON, archevêque de Clermont, tient ici à rétablir quelques points de vérité et invite à la réflexion. Il s’adresse également aux fidèles catholiques pour les inciter à la confiance...

Lettre ouverte à ceux qui veulent bien réfléchir...  

Qui avait intérêt à salir la réputation du Pape ?

 

 

Je ne sais pas si je suis en colère ou si je suis malheureux : la vérité tient sans doute des deux. Mais trop, c’est trop, alors je dis : ça suffit ! Le déchaînement médiatique contre le Pape Benoît XVI, qui aurait réintégré quatre évêques intégristes, dont un négationniste avéré, ne relève pas de la critique, mais de la calomnie et de la désinformation. Car, quoi que l’on pense des décisions du Pape, il faut dire, répéter et souligner que ces quatre évêques n’ont pas été réintégrés1. Et donc, Mgr Williamson, dont les propos tenus à la télévision suédoise sont effectivement intolérables, n’est toujours pas revenu au sein de l’Eglise catholique et il ne relève toujours pas de l’autorité du Pape. Les informations qui parlent de réintégration reposent sur une confusion grave entre levée des excommunications et réintégration à part entière.  

J’accorde volontiers mon indulgence à tous les journalistes et à tous les commentateurs qui ont pu confondre, de bonne foi, la levée de l’excommunication et la réintégration pure et simple. Les catégories utilisées par l’Eglise peuvent prêter à équivoque pour le grand public. Mais la vérité oblige à dire que, selon le Droit de l’Eglise, ce n’est pas du tout la même chose. Si on confond les plans on devient victime de simplifications qui ne profitent qu’à ceux qui veulent faire de la provocation. Et on se fait complice, involontairement, de ces derniers. De façon habituelle, le grand public est en droit d’exiger d’un journaliste sportif qu’il sache distinguer, par exemple, entre un corner et un essai. Pourquoi l’Eglise n’aurait-elle pas le droit d’avoir aussi son vocabulaire « technique » et pourquoi devrait-on tolérer des approximations aussi graves simplement sous prétexte qu’il s’agit de religion ?

Reprenons donc exactement ce qui s’est passé. Suite à l’élection du Pape Benoît XVI, en Avril 2005, les évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, fondée il y a plus de trente ans par Mgr Lefebvre, ont demandé à reprendre le dialogue avec Rome, mais ils avaient mis deux préalables : premièrement, la libéralisation du Missel de 1962, ce qui a été fait par le motu proprio, en juillet 2007 et, deuxièmement, la levée des excommunications.


Que signifie la levée des excommunications ? Pour prendre une comparaison familière, je dirai ceci : quand Mgr Lefebvre est sorti, c’est-à-dire quand il a désobéi en ordonnant quatre évêques malgré l’avis formel du Pape, c’est comme s’il y avait eu, automatiquement, une barrière qui était tombée et un feu qui s’était mis au rouge pour dire qu’il était sorti. Cela voulait dire que si, un jour, il voulait rentrer, il faudrait qu’il fasse d’abord amende honorable. Mgr Lefebvre est mort. Paix à son âme ! Aujourd’hui, ses successeurs, vingt ans après, disent au Pape : « Nous sommes prêts à reprendre le dialogue, mais il faut un geste symbolique de votre part. Levez la barrière et mettez le feu au clignotant orange ! » Le Pape, pour mettre toutes les chances du côté du dialogue, a donc levé la barrière et a mis le feu au clignotant orange. Reste à savoir maintenant si ceux qui demandent à rentrer vont le faire. Est-ce qu’ils vont rentrer tous ? Quand ? Dans quelles conditions ? On ne sait pas. Comme le dit le cardinal Giovanni Battista Re [préfet de la Congrégation des évêques], dans son décret officiel : « il s’agit de stabiliser les conditions du dialogue ». Peut-être que le Pape, dans un délai que nous ne connaissons pas, leur donnera un statut canonique. Mais pour l’instant, ce n’est pas fait. Le préalable au dialogue est levé, mais le dialogue n’a pas encore commencé. Nous ne pouvons donc pas juger les résultats du dialogue avant qu’il n’ait eu lieu.


Là-dessus, la veille du jour où devait être publié le décret du Cardinal RE, voici qu’une télévision suédoise publie ou republie les propos clairement négationnistes de l’un des quatre évêques concernés, Mgr Williamson. Le Pape, quand il a donné son feu vert à la signature du décret par le Cardinal pouvait-il connaître les discours de Mgr Williamson ? Très honnêtement, je crois pouvoir dire que non. Et c’est en un sens plutôt rassurant : c’est le signe que le Vatican n’a vraiment pas les moyens de faire surveiller tous les évêques et toutes les chaînes de télévision du monde ! C’est donc ici qu’il ne faut pas se tromper d’interprétation : que signifie cette coïncidence entre la signature d’un décret, prévue pour le 21 Janvier, et donc connue de Mgr Williamson, et la diffusion des propos télévisés du même personnage ?


Que chacun se demande : à qui profite le crime ? A qui profite le scandale provoqué par des propos d’une telle obscénité ? La réponse me semble limpide : à celui ou à ceux qui voulaient torpiller le processus inauguré par la signature du décret ! Or, pour peu que l’on suive un peu ces questions et les différentes interventions de Mgr Williamson depuis quelques années, il est clair que lui ne veut à aucun prix de la réconciliation avec Rome ! Cet évêque, dont je répète, qu’il n’a encore aujourd’hui aucun lien de subordination canonique vis-à-vis de Rome, a tout simplement utilisé la méthode des terroristes : il fait exploser une bombe (intellectuelle) en espérant que tout le processus de réconciliation va dérailler. Il fait comme tous les ultras de tous les temps : il préfère laisser un champ de ruines plutôt que de se réconcilier avec ceux qu’il considère comme des ennemis.


Alors je le dis avec tristesse à tous ceux qui ont relayé, - avec gourmandise ou avec douleur-, l’amalgame entre Benoît XVI et Mgr Williamson : vous avez fait le jeu, inconsciemment, d’un provocateur cynique ! Et, en prime, si j’ose dire, vous lui avez offert un second objectif qui ne pouvait que le ravir : salir de la pire des manières la réputation du Pape. Un pape dont il se méfie plus que de tout autre, car il voit bien que ce Pape ruine absolument tout l’argumentaire échafaudé jadis par Mgr Lefebvre. Je ne peux pas développer ici ce point. Je ne fais que renvoyer à un article que j’avais publié dans les colonnes du journal Le Monde, l’an dernier, au moment de la publication du Motu Proprio : « Quand je lis, un peu partout, que le Pape accorde tout aux intégristes et qu’il n’exige rien en contrepartie, je ne suis pas d’accord : il leur accorde tout sur la forme des rites, mais il ruine totalement leur argumentaire sur le fond. Tout l’argumentaire de Mgr Lefebvre reposait sur une prétendue différence substantielle entre le rite dit de Saint Pie V et le rite dit de Paul VI. Or, réaffirme Benoît XVI, il n’y a pas de sens à parler de deux rites. On pouvait, à la rigueur, légitimer une résistance au Concile si l’on pensait, en conscience, qu’il existait une différence substantielle entre deux rites. Peut-on légitimer cette résistance, et a fortiori un schisme, à partir d’une différence de formes ? »2 
 

Pour un fondamentaliste, et qui plus est, pour un négationniste forcené comme Mgr Williamson, Benoît XVI est infiniment plus redoutable que tous ceux qui font l’apologie de la « rupture » introduite par le Concile Vatican II. Car s’il y a rupture, alors il est conforté dans son opposition à la « nouveauté ». Mais celui qui démontre paisiblement que le Missel de Paul VI, la liberté religieuse et l’œcuménisme font partie intégrante de l’authentique Tradition Catholique, celui-là lui enlève toute justification.

J’ai bien conscience qu’il faudrait développer mon argumentation. Que chacun veuille bien me pardonner de renvoyer aux sites internet où tout ceci est visible. Mais je souhaite surtout que chacun veuille bien se méfier des provocations trop bien montées. Quant à ceux qui s’obstinent à répéter que Joseph Ratzinger a servi dans les Jeunesses hitlériennes, qu’ils veuillent bien relire le témoignage qu’il a donné à Caen, le 6 Juin 2004, pour le soixantième anniversaire du Débarquement en Normandie, et qu’ils se demandent ensuite ce qu’ils auraient fait à sa place... Quand on hurle un peu trop fort avec les loups d’aujourd’hui, on ne fait pas bien la preuve que l’on eût été capable de se démarquer des loups de l’époque…

Reste un point qui est second mais cependant très grave : il faudra tout de même s’interroger sur la communication des instances romaines lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles. Après la polémique de Ratisbonne (qui mériterait elle aussi d’être démontée attentivement..), j’espère – mais je me réserve d’en parler plutôt en interne - que les responsables de la Curie vont procéder à un sérieux débriefing sur les ratés de leur communication. Pour le dire d’un mot, voici comment j’ai vécu les choses : Mercredi 21 janvier, les milieux intégristes italiens, qui croyaient triompher, « organisent une fuite » dans « Il Giornale ». Aussitôt le tam-tam médiatique, se met en route. Mais nous, membres des conférences épiscopales, nous ne savons absolument rien ! Et pendant trois jours les nouvelles – erronées, qui parlent à longueur de journée de réintégration – prolifèrent dans tous les sens comme un feu de brousse. Tout y passe. Arrive alors la « bombe » de Mgr Williamson… Et c’est seulement samedi matin, - trois jours trop tard ! -, que nous recevons le communiqué officiel du Cardinal RE. Comment voulez-vous que nous puissions remettre le débat sur des bases correctes ? Le Cardinal Ricard s’y est employé, de très bonne façon, mais le feu était parti, et plus personne ne pouvait alors entendre une parole raisonnable.


Maintenant que la poussière commence à retomber, essayons de reprendre calmement nos esprits. Comme disait ma grand-mère : d’un mal Dieu peut faire sortir du bien. Le mal c’est que le Pape Benoît XVI a une nouvelle fois été traîné dans la boue par une majorité de grands médias, excepté, Dieu merci, La Croix et quelques autres. Beaucoup de catholiques, et beaucoup de gens de bonne volonté, sont dans l’incompréhension et la souffrance. Mais le bien, c’est que les masques sont tombés ! Si le dialogue continue malgré tout avec les évêques de la Fraternité Saint Pie X - sous réserve, bien sûr, qu’ils passent la barrière maintenant levée -, le discernement pourra se faire, car tout le monde sait un peu mieux ce qu’ils pensent les uns et les autres.


Pour conclure, j’ai envie de m’adresser aux fidèles catholiques qui peuvent, non sans raison, avoir le sentiment d’être un peu trahis, pour ne pas dire méprisés, en cette affaire : méditez la parabole du Fils prodigue, et prolongez-la. Si le Fils aîné, qui avait d’abord refusé d’entrer dans la fête, dit qu’il veut rentrer, allez-vous le refuser ??? Ayez suffisamment confiance en vous-mêmes et en l’Esprit qui conduit l’Eglise, et qui a aussi guidé le Concile de Vatican II, pour penser que la seule présence de ce fils aîné ne suffira pas à étouffer la fête. Donnez à ce dernier venu un peu de temps pour s’habituer à la lumière de l’Assemblée où vous vous tenez…

 


+ Hippolyte SIMON
,
Archevêque de Clermont
Vice-Président de la Conférence des évêques de France

Le 29 janvier 2009

1. Il suffit de lire le commentaire officiel du Cardinal Ricard, Archevêque de Bordeaux, qui suit ces questions pour notre Conférence : « La levée de l’excommunication n’est pas une fin mais le début d’un processus de dialogue. Elle ne règle pas deux questions fondamentales : la structure juridique de la Fraternité Saint Pie X dans l’Eglise et un accord sur les questions dogmatiques et ecclésiologiques. Mais elle ouvre un chemin à parcourir ensemble. Ce chemin sera sans doute long. Il demandera meilleure connaissance mutuelle et estime. » Lire l’intégralité de cette Déclaration.

2. "Pourquoi j’obéis au Pape", publié dans Le Monde, 13 juillet 2007. Lire l’article sur le site.du diocèse de Clermont.

 

 
 

Ce texte est également publié sur le site la-croix.com 
Par Sylvain Brison
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 28 janvier 2009

Déclaration du Conseil Permanent des évêques de France à propos de la levée de l'excommunication

 
Paris, mercredi 28 janvier 2009

La levée, par le Saint-Siège, de l'excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X suscite de nombreuses réactions dans l'opinion catholique et dans la société.

La simultanéité de cette annonce avec la révélation des propos de Mgr Williamson, niant le drame de l'extermination des juifs, provoque une réprobation on ne peut plus légitime. Les évêques de France condamnent fermement les paroles inacceptables et scandaleuses de Mgr Williamson.
Ils redisent à la communauté juive de France leur engagement indéfectible au dialogue et à l'amitié. Ils rappellent que Benoît XVI ne cesse de signifier son attachement à une relation fructueuse entre juifs et chrétiens.

Ils précisent instamment que la levée de l'excommunication n'est pas une réhabilitation. Elle constitue le point de départ d'un long chemin qui supposera un dialogue précis.  En aucun cas, le Concile Vatican II ne sera négociable. Aucun groupe ecclésial ne peut se substituer au magistère.
Les évêques saluent la volonté du Saint-Père d'aller jusqu'au bout de ce qu'il pouvait faire comme invitation à une réconciliation. Ils sont en communion avec lui dans l'exercice de la vigilance épiscopale.

Ils expriment leur soutien et leur reconnaissance aux prêtres, diacres, religieux et laïcs qui composent l'Eglise catholique en France et animent fidèlement les communautés chrétiennes vivantes et proches des hommes de ce temps.

Conseil permanent
de la Conférence des évêques de France



D'autres réactions interressantes:

Celle de Julien Dupont, séminariste de Poitiers, qui réagit sur le plan de la communication.


La première prise parole publique du Pape Benoît XVI lors de l'audiance du mercredi 28 janvier 2009

Par Sylvain Brison
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 26 janvier 2009

Le décret, signé le 21 janvier 2009 par le Cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, à la demande du pape Benoît XVI, lève l'excommunication encourue latae sententiae par les évêques ordonnés le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre et formellement déclarée par le décret du Cardinal Gantin, le 1° juillet 1988.


Ce décret, rendu public samedi dernier a été reçu de manières très différentes, tant dans l'Eglise Catholique que dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) qui regroupe les prêtres et les évêques ayant suivi Mgr Lefebvre. Le manque de communication et de pédagogie qui entoure ce texte m'incite à livrer ici mes analyses et mes convictions.


Je ne vous le cacherai pas, ma première réaction fut partagée entre incompréhension et colère. Ce n'est qu'en lisant les textes officiels et en y repensant rationnellement que j'ai pu prendre de la distance et réfléchir au sens de la question. Réfléchir sincèrement, c'est aussi refuser que, ni la première impression, ni l'interprétation trop facile que l'on entend, n'être en définitive les seules interprétations et explications possibles. Cette réflexion m'a conduit à interroger ma place dans l'Eglise et à me recentrer sur ce que je crois. Il y a aussi, quelque part, un lent travail de dépouillement spirituel pour exorciser la part d'orgueil qui peut nécessairement être touchée. Voici donc quelques repères et éléments de réflexion.


A l'origine du schisme et de l'excommunication


Une histoire complexe entoure la question. Il serait trop long d'y revenir ici. Rappelons simplement que l'origine de la dissension entre Mgr Lefebvre et l'Eglise catholique se trouve dans la non reconnaissance de l'autorité du concile œcuménique Vatican II par celui-ci et ses fidèles [1]. Cette crise trouva sa cristallisation en 1988 lorsque, contre l'intention du Pape Jean-Paul II et malgré les avertissements répétés, Mgr Lefebvre ordonna illicitement quatre évêques pour la FSSPX : Alfonso de Galarreta, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson. De ce fait, rompant la tradition et la loi de l'Eglise, ces cinq évêques furent frappés de l'excommunication latae sententiae [2] comme le prévoit le code de droit canonique (1364 § 1). Cette sanction fut confirmée par le Cardinal Gantin, préfet de la congrégation pour les évêques dans un décret qui souligne la gravité de l'acte schismatique. Cette consécration donna lieu au Motu proprio Ecclesia Dei du Pape Jean-Paul II.


Soulignons ici deux choses. Premièrement l'acte schismatique qui a entraîné de facto l'excommunication latae sententiae est la consécration d'évêques sans mandat du Siège Apostolique qui est le seul à pouvoir nommer des évêques dans l'Eglise latine. Cette acte est grave et lourd de sens puisqu'il brise la communion avec l'Eglise comme le rappelle le Pape Jean-Paul II dans le Motu proprio Ecclesia Dei. Deuxièmement, la cause profonde du schisme se trouve dans le rejet de l'autorité du Concile Œcuménique Vatican II par les membres de la FSSPX (et par conséquent de sa réforme liturgique). Nous nous trouvons donc face à un problème dogmatique grave car l'Eglise a toujours affirmé que les promulgations d'un Concile étaient souveraines, fruits de l'Esprit Saint, et constituaient donc une autorité suprême dans la charge d'expression de la foi. Il serait trop long de détailler les points sensibles, citons seulement comme exemple la liberté religieuse, le dialogue œcuménique, la place de l'Eglise dans le monde....


La levée des excommunications


Depuis plusieurs années, des discussions entre le Vatican et la FSSPX ont lieu pour parvenir à la résolution du schisme qui est un scandale pour l'Eglise. Commencées sous le pontificat de Jean-Paul II à travers la constitution de la commission Ecclesia Dei, elles se sont accélérées sous le pontificat de Benoît XVI qui a fait de la question de l'unité des chrétiens une priorité de son ministère. Les réticences de la FSSPX à ce dialogue sont nombreuses. A tel point que, pour accepter d'entrer dans une démarche de dialogue en vérité, les évêques schismatiques avaient exigé la libéralisation générale du missel antéconciliaire (Missel de Pie V) et la levée des excommunications les frappant.


Soucieux de pouvoir parvenir à un vrai dialogue sur le fond du problème et non pas de ne pas en rester sur des épiphénomènes, le pape a encadré la célébration de la messe selon la forme du missel tridentin (motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007) et levé les excommunications qui frappaient les évêques de la FSSPX (décret du 21 janvier 2009). Ces deux actes, qui semblent être liés dans le même mouvement, attestent de la volonté du pape de résoudre un schisme qui trouble la vie de l'Eglise et qui ne peut être satisfaisant. Je pense personnellement que, dans ce contexte, on ne peut y voir une volonté personnelle du pape de revenir à un précédEnt « Age d'or » de l'Eglise, dont le Catéchisme de l'Eglise nous dit qu'il n'y en a jamais eu !


La discipline de l'Eglise


Pour comprendre la réelle portée du décret, il faut chercher à savoir ce qu'est, en définitive l'excommunication.

Au numéro 1331, le code de droit canon définit l'excommunication comme une censure par laquelle quelqu'un est exclu de la communion des fidèles. C'est donc d'abord et avant tout une peine juridique.  La « communion » du fidèle avec l'Eglise possède une racine ontologique (le baptême) qui ne peut jamais être perdue. Elle comporte également une double dimension (mystique et juridique) qui peut être perdue pour des motifs graves. La communion « mystique » (ou surnaturelle) unit l'homme à l'Eglise en tant que Corps mystique du Christ, elle s'exprime dans la communion des saints et peut-être perdue en partie par le péché et totalement par la perte de la foi. De ce fait, cette communion mystique est en dehors de la compétence formelle de l'Eglise. La communion « juridique » quant à elle, unit le fidèle à l'Eglise en tant que société visible, elle régule les droits et les devoir de chacun. Le concept « d'excommunication », exprimé par la loi de l'Eglise, ne touche donc que la communion juridique. Il est une peine canonique, la plus grave, mais rien de plus. C'est pourquoi, en cas de schisme, elle est infligé latae sententiae [3].


En levant l'excommunication qui frappait les évêques schismatiques, le pape lève en fait une sanction (ou une peine juridique). Et en ce sens, toute l'Eglise doit se réjouir que le pardon prévale toujours sur la peine. Mais cette décision, comme le précise d'ailleurs clairement le décret, ne dit rien de la résolution du schisme : la pleine communion n'est pas restaurée, loin de là. Un exemple, toute proportion gardée, peut être éclairant à ce sujet. Paul VI, en 1965, a levé l'excommunication qui frappait l'Eglise orthodoxe depuis 1054. Ce geste juridique et symbolique a permis un rapprochement important dans le dialogue entre nos Eglises chrétiennes, mais le schisme demeure et n'est toujours pas résorbé. Nous pouvons espérer que la levée des excommunications des évêques intégristes favorisera, dans le même sens, un rapprochement pour qu'un jour nous puissions revenir dans la pleine communion.


Il reste que les membres cléricaux de la FSSPX sont toujours « suspens a divinis », c'est-à-dire qu'ils ne peuvent célébrer licitement les sacrements de l'Eglise, car ils ne sont pas rétablis dans la pleine communion ecclésiale. Mais le décret de la congrégation pour les évêques n'aborde pas cette question.


Pourquoi la réception est-elle généralement douloureuse ?


En analysant l'évènement, on peut comprendre l'importance de l'acte posé. Comme main tendue, la décision du pape est à recevoir comme une grande joie. Or on constate largement dans l'Eglise un sentiment de malaise, d'inquiétude, d'incompréhension, voire de refus. Pourquoi ?


D'abord parce que le sujet n'est pas neutre et a beaucoup fait souffrir l'Eglise de France depuis plus de trente ans, et qu'on ne passe pas si facilement sur une telle blessure sans la raviver. Ensuite parce que beaucoup ont l'impression que tout l'effort de réconciliation est fait du côté de Rome, sans que la FSSPX fasse de concessions. Cette impression est malheureusement fondée. Dans sa lettre aux fidèles de la Fraternité, Mgr Bernard Fellay, se réjouit de la levée des excommunications sans que leurs revendications n'aient été laissées de côté. Le ton général de la lettre reste revanchard : nous avons eu raison, alors continuons notre combat ! Il semble donc claire que la FSSPX ne se situe donc pas dans la même démarche et le même état d'esprit que le pape. De fait, le sentiment de peur qui saisit beaucoup de chrétiens (laïcs, prêtres et évêques) aujourd'hui est induit plus par les réactions des traditionnalistes que par les actes du pape.


Deux questions se posent alors : Comment comprendre et accepter que tous les efforts soient fait d'un seul côté ? Va-t-on nécessairement revenir « en-deçà » de Vatican II à cause d'une poignée d'irréductibles qui sont en proie à une peur du monde ?


Un enjeu spirituel important !


Cette situation a le mérite de nous renvoyer sur nos propres enjeux spirituels. Dans la foi, personne ne peut se satisfaire de la division de l'Eglise. L'amour que le Christ nous a donné et qu'il nous a demandé d'avoir doit permettre de dépasser toutes les divisions. Ainsi, tout doit être fait pour que la pleine communion dans l'unité de la foi soit le plus rapidement possible établie (et cela vaut aussi bien pour le mouvement lefebvriste que pour le chemin avec les Protestants et les Orthodoxes). C'est dans cette dynamique que se situe le pape (ses nombreuses allusions lors de ses discours en témoignent).


Il faut aussi se souvenir que dans l'édification de la communauté, ce sont toujours ceux qui sont le plus avancés sur leur chemin de foi qui doivent être attentifs aux besoins de leurs frères les plus petits. Dans la première lettre aux Corinthiens (1 Co 8-9), pour régler le problème du schisme entre ceux qui mangent de la viande sacrifiée aux idoles et ceux qui s'en abstiennent, Paul déclare : « Et ta science alors va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort! En péchant ainsi contre vos frères, en blessant leur conscience, qui est faible, c'est contre le Christ que vous péchez. C'est pourquoi, si un aliment doit causer la chute de mon frère, je me passerai de viande à tout jamais, afin de ne pas causer la chute de mon frère »  (1Co 8, 12-13). Qu'est-ce que cela veut dire ? Que l'attention au frère doit être le premier critère d'action et de parole car elle est conditionnée par la charité. Il en sera toujours ainsi dans l'Eglise : c'est au plus « fort » de s'occuper du plus « faible », de tendre la main à celui qui s'égare, d'ouvrir la porte à celui qui l'a claquée en partant.


Nous sommes tous invités à une vraie conversion du cœur pour pouvoir accueillir nos frères et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas les laisser s'égarer (peut-être malgré eux) en dehors de la communion. Il faut s'interroger pour savoir si le malaise que nous ressentons vient d'une situation fondamentalement critique et d'un désaccord dogmatique ou s'il vient seulement de notre orgueil blessé ! Dans ce dernier cas, il nous faut accueillir l'Esprit du Christ pour convertir en nous ce qui a besoin de l'être.


Tout est-il négociable, acceptable ?


Cela veut-il dire que tout est acceptable ou négociable ? Non, je ne le pense pas. L'Eglise a toujours préservé le droit de pensée et de conscience de ses fidèles. En même temps, elle bénéficie de l'assistance de son Seigneur, par la médiation de l'Esprit Saint, comme cela lui a été promis par le Christ. Ainsi, dans le cas qui nous préoccupe, le pape ne pourra ni contredire le Concile Vatican II ni permettre qu'il soit relativisé. Il en va de la vie de la foi et de l'Eglise. Dogmatiquement il est impensable qu'il puisse y avoir un « retour en arrière ».


La discussion qui pourrait s'ouvrir - espérons-le - avec la FSSPX ne pourra faire l'économie de cette question de fond qui perturbe les relations par des non-dits et qui est à la vraie racine du schisme. Ceux qui voudront revenir dans la pleine communion devront reconnaître le Concile comme faisant autorité. Charge à l'Eglise d'organiser concrètement, juridiquement, et pastoralement la réintégration de ces membres dans l'Eglise... Mais le chemin risque d'être encore long !


En attendant, tâchons de nous réjouir de cette main tendue. Expliquons et réexpliquons à temps et à contretemps la réalité, les enjeux et les défis qui se présentent à nous. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser l'unité et la paix (accomplir en définitive notre mission de chrétiens) et prions pour que cette conversion qui a saisi saint Paul et que nous venons de fêter travaille le cœur de tous pour que nous puissions un jour nous retrouver dans l'unité.

 

 


[1] Voir l'article de L'osservatore romano (édition du 26/07/76) qui explique la suspense « a divinis » de Mgr Lefebvre pour nous réception du concile Vatican II.

[2] L'excommunication est une sanction juridique. Le terme latae sententiae indique qu'elle n'a pas besoin d'être formellement déclarée, le fait de poser l'acte suffit à ce que la sanction soit effective immédiatement.

[3] A ce propos, voir le commentaire du Canon 1331 dans le Code de droit canonique bilingue et annoté, 1999, Wilson & Lafleur Ltée, Montréal, p. 965-966.

Par Sylvain Brison
Voir les 14 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Samedi 24 janvier 2009

Les rumeurs vaticanes l'annoncait.... Ce samedi 24 janvier, la salle de Presse du Saint-Siège a rendu public le decret de la Congrégation pour les Evêques levant l'excommunications des quatres évêques ordonnés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. Cette décision surprenante et spectaculaire doit s'accompagner d'un effort de compréhension et de réflexion sur les enjeux et les défis qui se présentent à l'Eglise. Je suis en train de rédiger un article à ce propos, et j'espère le mettre en ligne ici-même dans quelques jours.
En attendant, vous trouverez ci-dessous quelques liens pour vous permettre de vous en faire une idée personnelle.
Mais n'oublions pas, en cette fin de semaine de prière pour l'unité des chrétiens, que notre attitude doit être plus que jamais celle de l'humilité dans la recherche de l'unité et de la paix. A très bientôt donc pour discuter et débattre.



- Le texte du décret (traduction non officielle)

- La première réaction de Mgr André Vingt-Trois, président de la CEF
- La réaction audio de Michel Kubler (rédacteur du service Religeiux de La Croix)

 

 

 

Par Sylvain Brison
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 14 janvier 2009
Au retour de mon voyage à Rome, me voici replongé dans la lecture d'un de mes auteurs spirituels préférés: Henri Nouwen. Voici quelques pages de l'introduction du livre qui est sur ma tale de chevet, en espérant que le trait d'humour vous incite à pousser plus loin la lecture
Et pour parfaire la lecture, je vous propose un petit bijou musical de JS Bach


Henri J. M. NOUWEN,

Faire le Clown à Rome,
Réflexions sur la solitude, le célibat, la prière et la contemplation,

Bellarmin, 1979-2001, 106 p.


Pendant ces cinq mois passés à Rome, ce ne sont ni les cardinaux empourprés ni les Brigades rouges qui ont eu sur moi le plus d'impact, mais les entractes, les petites choses qui se passaient entre les grandes scènes. (...) Et j'en suis venu peu à peu à comprendre que dans ce grand cirque de Rome, rempli de dompteurs de fauves et de trapézistes dont le sprouesses attirent l'attention, ce sont les clowns qui raccontent la véritable histoire.

Les clowns ne sont pas au centre des évènements. Ils apparaissent entre les grands numéros, font assaut de maladresse, exécutent leurs cascades et nous font rire après la tension générée par les héros que nous sommes venus admirer. Les clowns ne réussisent pas ce qu'ils entreprennent, ils sont empotés, hors d'équilibre et malhabiles mais... ils sont de notre côté. Ils suscitent chez nous non pas de l'admiration mais la sympathie, non pas l'étonnement mais la compréhension, non pas la tension mais le sourire. Nous disons des virtuoses: "Mais comment peuvent-ils y arriver ?". Nous disons des clowns: "Ils sont comme nous." Les clowns nous rappellent, au prix d'une larme et d'un sourire, que nous partageons les mêmes faiblesses humaines. (...)

Plus se prolongeait mon séjour à Rome, plus les clowns me plaisaient, ces personnages périfériques dont la sainte et humble vie arrache un sourire et fait espérer, même dans une ville terrorisée par les enlèvements et la violence de la rue. Il est injuste, au fond, de voir dans l'Eglise de Rome une bureaucratie dépourvue d'imagination, un rempart intransigeant du conservatisme ou un splendide musée voué à l'art de la Renaissance. Car il y a trop de clowns à Rome, à l'intérieur comme à l'extérieur du Vatican, dont les gestes démentent cette opinion. J'en suis même venu à penser que par-delà le noir, le violet, et la pourpre des églises de Rome et par-delà les compltes-cravates des bureaux romains, il restait assez de clownerie à Rome pour nous redonner espoir. (...)

Mon amour grandissant pour les clowns à Rome m'a fait désirer faire un peu le clown moi-même et m'aventurer à parler de certaines folies, comme le fait de vivre seul, de se tenir nu devant Dieu, et de voir les choses simplement tel qu'elles sont. J'en suis venu à sentir qu'il devait y avoir, dans cette ville imposante, vénérable et très affairée, un très profond désir de faire vivre l'autre versant de notre être, ce versant qui veut jouer, danser, sourire et faire beaucoup d'autres choses "inutiles"

Extrait des pages 15 à 17.


Puissions-nous tous êtres des clowns dans le vaste
cirque du monde pour que le bonheur de l'Evangile
déborde nos rires et nos larmes.


(A Didier, spécialiste en clowneries et autres clins d'oeil, avec toute mon amitié)


Par Sylvain Brison
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 14 janvier 2009
Bonjour à tous,
Avant tout laissez moi vous présenter à tous mes meilleurs veoux de bénédiction et de paix pour 2009 !
J'ai dû délaisser ce blog ces dernières semaine car mon emploi du temps était vraiment très chargé ! Il l'est toujours mais je ne vous oublie pas !
En attendant de pouvoir vous partager quelques nouvelles je vous livre ci-dessus quelques extrait de mes lectures actuelles !
Encore bonne année à tous et à très bientôt.
Par Sylvain Brison
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

Il n'est plus besoin de le dire: le seul quotidien national qui ait augmenté son tirage (et de manière significative) depuis les dernières années est le journal La Croix. L'actualité y est traitée de manière synthétique et professionnelle, de manière à bien distinguer l'évènement de ses interprétations. Les analyses sont très souvent pertinentes et laissent entrevoir les enjeux pour l'homme aujourd'hui. Le choix de la ligne éditoriale permet de prendre du recul et de se forger sa propre opinion (ce qui est suffisament rare aujourd'hui pour être souligné). Un dernier argument si vous n'étiez pas encore convaincu de l'excellente qualité de ce journal: il donne à découvrir tous les jours soit des facettes ignorées de "l'actualité grand public", soit des informations qui nous témoignent que tout ne vas pas (si) mal dans le monde (exemple: rubriques "ca qui va mieux dans le monde" ou "des idées pour agir").

 

Pourquoi cet article aujourd'hui ? Parce que La Croix vous propose de recevoir gratuitement et sans aucun engagement de votre part le quotidien chez vous pendant 4 semaines (Et le service s'arrête automatiquement; si vous souhaitez continuer à recevoir le journal il faudra vous abonner: donc pas de vente forcée).

 

Pour profiter de cette offre ou en faire profiter vos amis (il n'y a pas de limites dans la quantité d'abonnements offert), Cliquez ici ou sur la banière du journal.

Attention: l'offre n'est valable que jusqu'au 31 décembre 2008 !

 

Bonne lecture à tous !

 

PS/ Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la newsletter pour recevoir tous les soir le sommaire du journal du lendemain et les lien pour lire certains articles gratuitements !

Par Sylvain Brison
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 24 novembre 2008

La tournure que prennent les évènements actuellement (crise financière, préoccupations écologiques, stabilité de l'ordre ou de l'équilibre mondial) conduit souvent à se demander si nous ne sommes pas dans une phase de "régression". L'écrivain et chroniqueur italien Umberto Eco s'est penché sur cette question dans son livre: A reculons comme un écrevisse.

Il a récemment comis une courte chronique interressante en prenant comme point d'observation le monde de l'informatique et particulièrement le fameux débat sur l'incontournable Windows Vista. Au delà de la circonstance, il me semble poser une vraie question... A lire et méditer.


En arrière toute !
par Umberto Eco. (Paru dans Libération le 13/11/08)

 

Dans mon livre, A reculons comme une écrevisse (Grasset), j’avais signalé que nous sommes en train d’assister à une intéressante régression technologique. Avant tout, l’influence dérangeante de la télévision avait été mise sous contrôle, grâce à la télécommande avec laquelle le spectateur pouvait jouer du zapping et entrer ainsi dans une phase de liberté créative, dite «phase de blob». La libération définitive par rapport à la télévision avait été gagnée grâce au magnétoscope, avec quoi se réalisait l’évolution vers le cinématographe. En outre, avec la télécommande, on pouvait arrêter le son, en retrouvant les fastes du cinéma muet. Entre-temps, Internet, en imposant une communication éminemment alphabétique, avait liquidé la Civilisation des images tant redoutée. Dès lors, on pouvait même éliminer les images, en inventant une sorte de boîte qui serait capable de n’émettre que des sons et qui ne nécessiterait pas l’usage de la télécommande. Je croyais blaguer, en imaginant la découverte de la radio, mais (évidemment inspiré par un dieu tutélaire) je vaticinais l’avènement de l’iPod.

Enfin le dernier stade avait été atteint lorsque, pendant qu’on transmettait par voie hertzienne, avait commencé, avec les pay-TV, la nouvelle ère de la transmission par câble : on passa de la télégraphie sans fils à la téléphonie avec fils - phase complètement réalisée par Internet - en dépassant Marconi et en revenant à Meucci ou à Graham Bell.

Dans mon livre, j’appliquais aussi ces principes à la vie politique (j’ai par ailleurs noté, dans un article récent, qu’en Italie, avec le nouveau gouvernement, on est en train de revenir aux nuits de 1944, avec les patrouilles militaires dans les rues, les écoliers et les maîtresses en blouse et la probable réouverture des maisons closes). Mais il est arrivé bien plus. Quiconque a dû acheter récemment un nouvel ordinateur (ils deviennent obsolètes en trois ans), s’est rendu compte qu’il ne pouvait trouver que ceux où était déjà installé Windows Vista. Or il suffit d’aller sur Internet et lire dans divers blogs ce que les utilisateurs pensent de Vista (je ne me hasarde pas à le rapporter pour ne pas finir devant un tribunal), et ce que te disent les amis tombés dans ce piège, pour prendre la résolution (peut-être erronée, mais très ferme) de ne pas acheter un ordinateur avec Vista. Mais si vous voulez une machine mise à jour, de proportions raisonnables, vous devrez vous taper Vista. Ou alors vous rabattre sur un clone grand comme camion remorque, assemblé par un revendeur plein de bonne volonté qui installe encore Windows XP ou les versions antérieures. Comme ça, votre bureau ressemble à un laboratoire avec les énormes ordinateurs à valves des années 50.

Je crois que les constructeurs d’ordinateurs se sont aperçus que les ventes diminuent sensiblement parce que l’usager, pour ne pas avoir Vista, renonce à rénover son matériel.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Pour le savoir, il faut que vous alliez sur Internet et cherchiez «Vista Downgrading» ou quelque chose de semblable. Là, on vous explique que, si vous avez acheté un nouvel ordinateur avec Vista, en le payant ce qu’il vaut, vous pourriez, en déboursant une somme supplémentaire (ce n’est pas aussi simple : il faut passer à travers toute une procédure que j’ai refusé de comprendre) et après mille aventures, bénéficier de nouveau de Windows XP ou de versions précédentes.

Ceux qui utilisent les ordinateurs savent ce qu’est l’upgrading : c’est quelque chose qui te permet la mise à jour de ton logiciel, jusqu’au dernier perfectionnement. Par conséquent, le downgrading est la possibilité de ramener ton ordinateur, très en pointe, à l’heureuse condition de programmes plus anciens. En payant. Avant que sur Internet on invente ce très beau néologisme, dans un dictionnaire français-anglais normal, on trouvait que downgrade, comme substantif, signifiait déclin et rabais, ou version réduite, alors que comme verbe il signifiait rétrograder, dégrader, redimensionner et avilir. Autrement dit, on nous donne la possibilité, moyennant un certain travail et une certaine somme, d’avilir et de dégrader quelque chose qu’on avait payé une certaine somme pour avoir. Bref, c’est comme acheter une Ferrari à un prix très élevé, et ensuite payer afin que le mécanicien la réduise aux prestations d’une 2 CV.

La chose serait incroyable si elle n’était pas vraie, et online on trouve de centaines de pauvres hères qui travaillent comme des fous et paient ce qu’il faut payer pour dégrader leur système. Quand arrivera-t-on au stade où, pour une somme raisonnable, leur ordinateur sera changé en cahier, avec un encrier, et un stylo à plume Perry ?

Mais l’affaire n’est pas seulement paradoxale. Il y a des progrès technologiques au-delà desquels on ne peut pas aller. On ne peut pas inventer une cuillère mécanique, celle d’il y a deux mille ans fait encore très bien l’affaire. On a abandonné le Concorde qui pourtant faisait Paris-New York en trois heures. Je ne suis pas sûr qu’ils aient bien fait, mais le progrès peut aussi signifier faire deux pas en arrière, comme revenir à l’énergie éolienne au lieu du pétrole et des choses de ce genre. Soyez tendus vers le futur ! En arrière toute !

Par Sylvain Brison
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

DOSSIERS

Levée des excommunications
des évêques intégristes


Retrouvez sur cette page les billets de ce blog
et les liens vers d'autres sites

Qui suis-je ?

 Bienvenue à tous !

Je suis prêtre catholique du diocèse de Nice. Je poursuis actuellement des études supérieures à l'Institut Catholique de Paris. Je viens de finir le Séminaire des Carmes. J'exerce mon minitère à la Paroisse Saint-Pierre de Montrouge (Paris XIV) et à Menton pendant les vacances scolaires.
Ce blog à plus de trois ans... Il vous permettra de mieux me connaître et peut-être de discuter et d'échanger...
Il n'a aucune visée apologétique ou prosélyte... Il veut être un lieu d'expression et de partage de ma joie d'être prêtre. Vous y trouverez des nouvelles, des photos, mes coups de coeur (livre, cinéma, BD, expos...), mes réflexions sur divers sujets... n'hésitez pas à laisser un commentaire.


Pour me conctacter:
sylvain.blog@gmail.com

Soutenir l'Eglise !

Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, l'Eglise ne vit que par la générosité des chrétiens... Elle ne reçoit aucune subvention de l'Etat ou du Vatican. Donc, si vous souhaitez aider son action, cliquez sur l'image.

Recherche

Ding Ding Dong

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Visiteurs












 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés