Mercredi 4 novembre 2009
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En ce début d’automne, le
dernier livre de Pietro de Paoli vient de sortir dans les bonnes librairies… Bien qu’il ne figure sur aucune liste des prix littéraires,
Dans la peau d’un évêque s’affirme comme un très bon livre où l’auteur, comme à son habitude, croque, d’une
manière tout à fait originale et subtile, la situation de l’Eglise. Les inconditionnels de
38 ans, célibataire
et curé de campagne, auront la joie de retrouver Marc, le curé de Villeneuve comme héros de ce nouveau récit… Le voilà devenu évêque, lui qui avait tant décrié les évêques en général et
le sien en particulier. Après s’être essayé à l’art du roman, du journal et du dialogue, Pietro de Paoli ne nous invite à rien de moins que d’entrer dans la peau de Monseigneur Marc Belhomme, 53
ans, évêque d’un diocèse rural en France. Au fil des pages, nous sommes entraînés par un récit stimulant à la première personne à vivre comme lui.
Dans ce nouveau livre, Pietro montre une nouvelle fois comme un fin connaisseur de l’Eglise et un écrivain de talent. Il convoque son héros au défis de deux crise : l’une existentielle, l’autre
ecclésiale. Et ces deux épisodes permettent à l’auteur de montrer l’évêque sous ses multiples aspects. Quand la chair est ébranlée, la nature se révèle et Marc devra se dépouiller du superflu
pour revenir à l’essentiel de sa vie. Quand c’est l’Eglise qui est secouée, il devra faire face avec toute son humanité pour tenir son rôle de pasteur.
On pourra reprocher beaucoup de chose au portrait épiscopal qui se dégage du récit. Certains trouveront qu’il est trop partiel, voir partial... Mais le propos du livre était-il de donner un
traité sur le ministère de l’évêque ? Je ne le pense pas. Le livre nous livre les pensées et les actes d’un ministre incarné qui vibre et qui souffre, qui respire et qui aime. Je retiendrais
cette idée comme une ligne de force qui parcourt l’ouvrage. L’évêque apparaît souvent aux yeux des chrétiens comme « le grand chef » de la tribu, celui qui a le pouvoir, qui gouverne... peut-être
reste-t-il encore quelques bribes d’une image d’un prince de l’Eglise. Pour les prêtres, il apparaît comme le « patron », celui qui prend des décisions (souvent mauvaise) mais en qui est remis le
pouvoir de nous sortir des crises. Même si pour certains il reste le « père » du diocèse, il est très loin dans son évêché. Marc Belhomme n’échappe pas à la solitude des prêtres… mais il éprouve
en plus l’isolement de l’évêque et nous le découvrons dans la profondeur d’une humanité qui se dit dans toutes les dimensions de son existence.
Bibliographie de Pietro di Paoli
Par Sylvain Brison
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Publié dans : Lectures, cinéma...
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